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Histoire de l'émigration dans la Vallée de Sóller: Introduction


Parwebmaster- Publié le 27 juin 2009

 L'histoire commune entre la vallée de Sóller et la France – dont la connaissance et le partage sont l'un des principaux buts de l'association – est intimement liée au phénomène migratoire qui s'est produit aux Baléares à la fin du XVIII siècle, et qui dura jusqu'au milieu du XX siècle.

Un grand merci à l'historien local Toni Quetglas, qui nous fait partager ici ses recherches en nous livrant ses conclusions sur les conséquences culturelles et sociales de l'émigration sollerique vers la France entre 1880 et 1936.

[Traduit du texte original "Les consequències culturals i socials de l'emigració a França. El cas de Sóller (1880-1936); Antoni Quetglas Cifre, Historiador; Cercles: Revista d'història cultural, ISSN 1139-0158, nº11, Gener 2008, pp123-139]

A la fin du XVIIIème siècle s’est produit aux îles Baléares un flux migratoire qui dura jusqu’au milieu du XXème siècle.

Ce phénomène est caractéristique et commun à tout le continent européen, spécialement au pourtour méditerranéen. L’émigration majorquine à l’époque contemporaine s’est dirigée vers l’Amérique, l’Algérie et l’Europe (spécialement la France). 

Il existe des caractéristiques de base de l’émigration majorquine, qui sont communes à toutes les villes de l’île :

  • un contingent d’émigrants relativement nombreux,
  • un phénomène de longue durée (150 ans) 
  • d’importantes conséquences économiques, sociales, culturelles et politiques pour l’île.
  • Une émigration qui se présentait comme temporaire, avec le souhait de revenir sur l’île.

On a établit trois grandes périodes pour expliquer l’émigration majorquine basées sur différentes variables comme la conjoncture politique, sociale et économique, tant de l’Etat espagnol comme de l’Europe, les entraves et les facilités de la politique migratoire des pays d’accueil ou des grands courants migratoires européens, spécialement les méditerranéens :

  1. Une première période qui s’étend du dernier tiers du XVIIIème siècle jusqu’aux années 80 du XIXème siècle, se caractérise par une émigration vers les Antilles et el Mar del Plata. La cause principale de l’émigration fut le manque d’opportunités d’ascension sociale et économique à Majorque ; la majorité des migrants étaient les enfants des familles humbles ou des familles d’artisans. 
  2. Une seconde période s’étend des années 80 du XIXème siècle jusqu’aux années 30 du XXème siècle. Les émigrants étaient majoritairement des ouvriers agricoles. La perte des dernières colonies espagnoles (Cuba, Porto Rico et les Philippines) a supposé une parenthèse dans le flux migratoire, mais qui s’est rapidement récupérée. A la fin du XIXème siècle, les terres d’accueil des émigrants étaient l’Argentine, L’Uruguay, Cuba, le Venezuela, et le Chili en Amérique ; la France, la Belgique, la Suisse et l’Allemagne en Europe ; et l’Algérie en Afrique.
  3. Une troisième période s’étend de la guerre civile espagnole jusqu’aux années 50. Cette période se caractérise par la baisse du flux migratoire, marquée par les guerres, tant espagnole (1936-1939) comme mondiale(1939-1945) et les politiques restrictives en matière migratoire. Le flux s’est dirigé vers les pays d’Amérique du Sud, les îles des Caraïbes et le Venezuela. 

 Quant au mouvement associatif, il est à mentionner que les majorquins ont toujours voulu maintenir des liens avec l’île en se regroupant en différentes associations et sociétés. On peut mentionner en Argentine « La Casa Balear » (Mendoza), « l’Agrupació Mallorquina » (San Pedro) et « La Casa Balear » (Buenos Aires) ; en Uruguay « La Roqueta » (Montevideo) ; a Cuba « El Centro Balear », « Beneficiencia y Auxilios Mutuos » (La Havana) ; et au Chili, « El circulo Balear ».

 

La ville de Sóller est située dans une vallée de la chaine de Tramontana. Entourée de montagnes, la sortie la plus rapide de la vallée était la mer, jusqu’à la moitié du XIXème siècle.

 

L’émigration à Sóller a suivi les étapes chronologiques citées auparavant, mais avec de nombreuses particularités dues à sa singulière évolution historique et à sa situation géographique. On peut distinguer deux grandes zones migratoires :

  •  D’un côté le continent américain, avec une migration principalement orientée vers les îles des Caraibes (surtout Puerto Rico) et l’Amérique Centrale (Mexique).

 

  •  Et de l’autre côté le continent européen, avec la France comme principale destination des émigrants (les autres pays d’accueil furent l’Allemagne, la Suisse et la Belgique). Dans cette étude, nous nous centrerons sur le cas de l’émigration vers la France, pour l’énorme influence de la Gaulle dans le développement de la ville dans tous les aspects. On peut diviser l’émigration des solleriques vers la France en quatre étapes :

 

  1.  Phase de premiers contacts (1830-1870)
  2.  Phase d’expansion de l’émigration (1870-1913) 
  3.  La phase de consolidation. (1914-1929)
  4.  Phase final du flux migratoire (1930-1940)
Ce phénomène est caractéristique et commun à buy essay tout le continent européen, spécialement au pourtour méditerranéen. L’émigration majorquine à l’époque contemporaine s’est dirigée vers l’Amérique, l’Algérie et l’Europe (spécialement la France).